C’est quoi la dynamique ?
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La dynamique a plusieurs définitions. En audiovisuel, le terme est souvent utilisé pour définir les capacités d’un appareil. Elle caractérise la distance qui sépare sa plus grande capacité de sa plus petite capacité. Ce que nous allons voir ici, c’est en quoi, pour chaque appareil, la dynamique a des implications différentes.

Pour faire un exemple simple, si je m’intéressais à la dynamique d’un trépied, le Manfrotto 500 par exemple, j’aurai une hauteur maximale de 170 cm et une hauteur minimale de 19 cm, soit une dynamique de 151 cm. Pour le trépied vidéo Benro, j’aurais en revanche une dynamique de 96 cm (Hauteur max : 182 cm ; Hauteur min : 86 cm).

Bien que la dynamique du Benro soit bien inférieure à celle du Manfrotto, le Benro reste plus performant si je dois prendre de la hauteur. Néanmoins, si je choisis le Manfrotto 500, je comprends tout de suite que j’aurais beaucoup plus de possibilités dans mes réglages.

Il est donc important de comprendre à quoi correspond la dynamique et quel est son enjeu selon l’appareil que vous utilisez.

La dynamique sonore

La dynamique dans le domaine du son est peut-être la plus simple à comprendre, car nous avons déjà un peu tous expérimenté ce à quoi cela ressemblait.

Lorsque un micro ou une enceinte reçoit un signal trop puissant, on dit qu’il sature. En plus de crisper vos oreilles, on constate un son « écrasé » dans lequel les subtilités sonores des mots ou de la musique disparaissent. Le son ressort telle une bouillie, car l’enceinte ou le micro ne peut pas aller plus haut. Tous les sons plus élevés que le niveau maximum seront réduit à ce niveau maximum. Il n’y a plus de variation sonore, car tous ces sons créent un embouteillage, une surcharge à ce niveau.

Lorsque un micro ou une enceinte reçoit un signal pas assez puissant, on dit qu’il fait du bruit (noise en anglais). On constate une sorte de ronronnement, de souffle qui étouffe les sons jusqu’à les rendre inaudible. Au montage, vous le constaterez rapidement. Si, lors de votre prise de son, votre niveau était trop faible, vous allez l’augmenter en postproduction. En élevant ce niveau, vous élèverez malheureusement aussi celui de ce souffle… Ce bruit de fond est présent sur n’importe quel signal électrique faible. Il provient d’une « contamination » des champs électromagnétiques qui font partie intégrante de notre environnement.

Graphique d’un signal avec ou sans bruit

Concernant les micros et les enceintes, on se repèrera donc par rapport à ces deux valeurs : Le niveau maximum sera le niveau le plus élevé que vous pouvez obtenir sans avoir de saturation. Le niveau minimum sera le niveau le plus bas que vous pouvez obtenir sans être couvert par le bruit. C’est pourquoi on définit généralement la dynamique par le Rapport Signal / Bruit. Il est exprimé en dB SPL (déciBels Sound Pressure Level).

Une bonne dynamique sonore vous permettra donc d’avoir de grandes variations d’intensité sonore. Il sera plus facile d’avoir des sons élevés sans saturer et des sons faibles sans bruits. Cela vous donnera beaucoup de latitude à la prise de son et offrira à votre mixeur des éléments de qualité.

La dynamique sonore est une notion qui peut également s’appliquer à bien d’autres domaines. On peut mesurer la dynamique d’une pièce, d’un instrument, d’un programme… Celle-ci se réfèreront toujours aux niveaux audibles minimum et maximum sans altération.

La dynamique lumineuse

En vidéo, la saturation et le bruit prennent d’autres formes. Comme l’objectif est de retranscrire une image, les limites du signal sont clairement établies : Le niveau maximum doit offrir un blanc immaculée, le niveau le plus bas doit offrir un noir profond. Sur une image en noir et blanc, plus la dynamique est grande plus le nombres de nuances de gris qui sépare le noir du blanc sera important. On obtient un dégradé des couleurs et de la lumière plus précis et détaillé. Comment cela se traduit ?

Sur un capteur de caméra, cela signifie plusieurs choses. D’abord, cela permet d’avoir plus de latitude dans ce que le capteur est capable de recevoir. C’est-à-dire, une meilleure capacité à recevoir de l’information quand la lumière est faible, élevée ou les deux à la fois. Ensuite, cela permet une meilleure définition de l’image. Comme il y a un meilleur dégradé, on obtient plus de détail dans notre vidéo (à partir du moment où les capacités d’enregistrement permettent de retenir toutes ces informations). Un capteur ayant une excellente dynamique lumineuse doit donc également avoir un format vidéo correspondant, ayant un bon échantillonnage, sinon les informations recueillis par le capteur ne seront pas enregistrés.

La dynamique d’un capteur (Dynamic range) est exprimée en diaphs (stops ou Exposure Values : EV). Pour vous donner un ordre d’idée, Le Lumix GH5 a environ 11,5 diaphs dans son mode le plus performant, on obtient 12.7 stops pour le S1H en 5.9K, tandis que la Panasonic EVA 1 a 14 stops. Heureusement, les revendications des constructeurs sont souvent contrôlés par des techniciens indépendants sur internet (Lab tests). Ainsi, le mode S-Log3 de l’Alpha A7SIII, un mode d’enregistrement qui permet selon Sony d’obtenir 15 diaphs, ne vous offrira dans les faits qu’environ 13 diaphs. Les 2 diaphs rajouté reste une question d’interprétation et peuvent être considéré comme étant « gonflés », c’est-à-dire qu’ils ne reflètent pas réellement la dynamique du capteur. Pour vous donner un ordre d’idée, les grosses caméra de cinéma ont des diaphs encore plus conséquents (ARRI Alexa : 14.8 diaphs, Canon C500 Mark II : 15 stops, Sony Venice 2 : 16 stops, RED Monstro : 17 stops), alors que les caméras amateurs ou semi-pro ont généralement des diaphs plus limités (Fujifilm X-T3 : 9.7 stops, Lumix G9 : 10.6 stops, Sony A6400 : 10.6 stops, Canon EOS 850D : 12.7 stops). On dit d’un œil humain qu’il a une sensibilité de 24 diaphs ! Ce qui laisse pas mal de marges aux constructeurs pour progresser !

Sur un moniteur, la dynamique lumineuse s’exprime différemment. On s’attachera généralement à la puissance générale lumineuse et au rapport de contraste.

La puissance générale lumineuse a son importance, car votre œil s’habitue à votre environnement. Dans une pièce sombre, vous n’avez pas besoin de beaucoup de puissance, mais dans une pièce éclairé, vos blancs devront être aussi puissant que la lumière dans la pièce, sous peine de vous donner l’impression d’être gris. La puissance s’exprime en nit ou en cd/m² (1 nit correspond à 1 cd/m²) . Pour vous donner un ordre d’idée, la norme d’éclairage intérieure NF EN 12 464 préconise une luminance des luminaires inférieure ou égale à 1000 cd/m². Ainsi, plus la puissance est importante, plus votre moniteur sera capable de vous restituer des blancs de la bonne façon, quelque soit la situation. La puissance lumineuse définit donc notre premier point de dynamique : Le niveau maximum.

Le rapport de contraste va s’attacher à toutes les nuances de gris entre le noir et le blanc. Donc plus il est élevé, plus votre image sera précise. Prenons un exemple avec un rapport de contraste de 800:1 : Cela signifie que votre noir le plus profond sera 800 fois plus sombre que votre blanc. Le rapport de contraste définit donc notre deuxième point de dynamique : Le niveau minimum. On comprend tout de suite que plus ces valeurs seront élevés, plus notre dynamique sera grande.

Dans les téléviseurs récents, il existe deux types de rapport de contraste : Le contraste statique et le contraste dynamique. Le contraste statique est le contraste natif de votre dalle : Ce qui veut dire que si l’on ne touche pas à la luminosité générale de votre dalle, il n’y a pas de différence entre votre contraste statique et total. Le contraste dynamique, au contraire, va jouer sur la luminosité générale, vous offrant une plage de contraste beaucoup plus importante. Attention quand même ! Même si le contraste dynamique vous offre de grands rapports de contraste, il faut s’en méfier ! Car selon le modèle, les méthodes de programmation de ce contraste dynamique peuvent être complètement différentes, et un dynamisme trop important ou mal calculé peut être assez choquant pour les yeux…

On espère, en tout cas, que cet article vous aura aidé à comprendre les enjeux de la dynamique.

Si vous avez d’autres questions, sur la dynamique, la vidéo ou le son, n’hésitez pas à laisser un commentaire ou à venir nous voir en boutique ! On n’aura pas forcément la réponse, mais on cherchera une solution avec vous !

Nico de Loutacam

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