C’est quoi le temps de pose ?
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Temps de pose, durée d’exposition, vitesse d’obturation, shutter speed, angle d’obturation… Plusieurs mots, de sens parfois opposés, pour parler d’un seul et même réglage ! Dans cet article, on va essayer de vous clarifier tout ça !

Pour comprendre la différence entre ces termes, on va d’abord expliquer à quoi sert l’obturation.

L’obturateur : Le gardien de l’obscurité

Le capteur de votre appareil reçoit la lumière comme une baignoire reçoit de l’eau. Lorsque la baignoire est vide, vous n’avez aucun signal, vous avez un noir total. Lorsque la baignoire est remplie, vous avez le signal maximum, un blanc total. Peu importe la quantité d’eau (ou de lumière dans notre métaphore) que vous rajoutez, le niveau maximum sera atteint. Le niveau de l’eau définira votre signal.

Le travail de l’obturateur est de couper l’eau et de vider la baignoire. A chaque fois que l’obturateur agit, c’est comme si vous redémarriez à zéro. Dans un appareil photo, cela signifie que l’obturateur empêche la lumière d’atteindre le capteur.

Vitesse (en images / secondes) = 1 / Durée (en secondes)

Lorsqu’on parle de temps de pose ou de durée d’exposition, on parle de la durée pendant laquelle l’obturateur va laisser l’eau (ou la lumière) couler.

Lorsque l’on parle de vitesse d’obturation ou de shutter speed, on parle du nombre de fois dans une seconde où l’obturateur va couper l’eau et vider la baignoire.

Donc si vous avez un shutter speed à 50, vous avez un temps de pose de 1/50ème de seconde (= 20ms).

L’angle d’obturation

L’angle d’obturation est une valeur exprimé en degré, mais qui s’occupe de la même chose.

A l’origine, lorsque les films étaient sur pellicule, on utilisait un disque pour faire l’obscurité. Le disque faisait un tour complet pour chaque image (soit 1/24ème de seconde). On faisait un trou dans le disque de 30, 50 ou 180° pour changer le temps d’exposition.

Exemple pour un angle de 180°
Source : https://reward-line.com/multimedia/quest-ce-que-langle-dobturation/

Comme un disque fait 360°, on peut calculer l’angle ainsi : Angle d’obturation = 360 x (Temps de pose / Nombre d’images par secondes)

Donc plus le temps de pose est long, plus l’angle est grand. Et inversement.

Obturation et luminosité

A partir de là, il est facile de deviner les conséquences sur la luminosité dans votre photographie. Plus le temps de pose sera long (= un angle grand = une vitesse petite), plus vous aurez de lumière. Plus le temps de pose sera court (= un angle petit = une vitesse haute), moins vous aurez de lumière.

Luminosité selon le temps de pose, du plus long au plus rapide

Si à la suite de vos réglages d’ouverture et d’ISO, vous trouvez votre image trop sombre ou trop clair, vous pourrez utiliser le réglage de la vitesse d’obturation pour compenser le problème.

En vidéo, une contrainte s’ajoute. Car pour avoir 25 images / secondes, il vous faudra forcément respecter une vitesse d’obturation minimum de 25 images / secondes. Avec certaines caméras, pour aller jusqu’à 240 images / secondes, votre obturateur devra s’adapter à la fréquence d’image. Il vous fournira alors des images plus sombres.

Obturation et mouvements

L’impact le plus important de l’obturateur, au niveau esthétique, se verra dans les mouvements.

Mouvement selon le temps d’obturation

Revenons à notre baignoire. Imaginez maintenant que chaque pixel de votre capteur est une baignoire et que chaque rayon lumineux est un tuyau d’arrosage. Le tuyau d’arrosage ne va pas verser la même quantité d’eau dans chaque baignoire. C’est justement ce qui va créer notre image.

Si le tuyau d’arrosage bouge, le nombre de gouttes qui vont tomber dans les baignoires vont forcément être impactés. Si le tuyau reste allumé trop longtemps, attendez vous à un dégât des eaux !

Plus le temps de pose est long, plus vos mouvements vont impacté votre image. Cela peut être un outil créatif ou un cauchemar visuel.

Nos conseils

En vidéo, concernant le réglage de votre shutter speed, vous avez deux extrêmes :

  • Vous choisissez un temps de pose long (= une vitesse d’obturation basse) : Vous verrez apparaitre des « traînées » sur vos mouvements, une image fantomatique. Ce type de réglage est plus souvent utilisé pour des raisons artistiques, pour créer une ambiance, mimer un état second.
  • Vous choisissez un temps de pose court (= une vitesse d’obturation haute) : Les mouvements seront parfaitement nettes, presque trop pour paraître vraie. Ce type de réglage est plus souvent utilisé pour filmer du sport, des scènes d’actions, de la danse… Toute activité où il est primordial de capter le détail des mouvements, de mettre en valeur les gestes.

La plupart du temps, on utilise une vitesse d’obturation qui est entre les deux. Votre préférence dépendra de votre goût personnel. Que vous préfériez des mouvements doux ou nets dépend de votre propre style.

Si la durée d’exposition peut sembler être une contrainte, c’est aussi un formidable outil créatif ! Jouer avec celle-ci vous permettra d’avoir des images uniques, d’exprimer un tas de choses lors de votre prise de vue.

Loutacam vous recommande tout de même de conserver votre réglages de vitesse d’obturation pour l’ensemble de votre séquence, voire, dans certains cas de votre film. Car un changement de temps de pose au milieu d’un montage, ça se remarque beaucoup, et ça peut déconcentrer votre spectateur. Avant de travailler une scène, il est donc préférable de déterminer quel réglage vous convient le mieux, pour essayer de le respecter tout au long de votre séquence.

Flickering = Scintillement

Si vous filmez un écran ou un tube halogène, vous pouvez avoir un effet de scintillement (flickering). La lumière dans votre image ne sera pas uniforme dans le temps. La raison en est simple : Votre obturation n’est pas synchrone avec la lumière. Pour régler le problème, vous devrez adapter la fréquence de votre obturateur avec la fréquence de ce que vous filmez.

Mécanique ou électronique ?

Il existe deux types d’obturation : mécanique ou électronique. Certains appareils combine même les deux systèmes.

Si c’est un obturateur mécanique, il s’agira d’un système qui plongera le capteur dans un obscurité totale.

Si c’est un obturateur électronique, il va, en quelque sorte, « éteindre » le capteur pour qu’il ne reçoivent plus de lumières.

Ses deux méthodes offrent des résultats différents :

  • L’obturation mécanique offre globalement un meilleur rendu, mais peut s’abîmer avec le temps.
  • L’obturation électronique est limitée aux capacités de votre capteur. S’il est de basse qualité (= une fréquence de rafraichissement basse), vous pourrez voir apparaitre un effet de rolling shutter. Une déformation qui peut affecter grandement vos images.

Pourtant (et surtout en vidéo), vous devrez vous reposer sur votre obturateur électronique. Pourquoi ?

  • Un obturateur mécanique est bruyant. Si son petit bruit est un véritable plaisir en photo, c’est un cauchemar en vidéo. Car sur un tournage, on fait tout pour ne pas avoir le moindre bruit.
  • L’obturateur mécanique a ses limites en terme de vitesse. Pour des vitesses d’obturation extrêmement haute, seuls les obturateurs électroniques arrivent à suivre.
  • L’obturateur mécanique est puissant. Si vous ne tenez pas fermement votre appareil, il aura tendance à vibrer pendant que vous prenez votre photo. Avec l’obturateur électronique, vous pouvez tenir votre appareil du bout des doigts.

Soyez créatifs !

Dans le monde de la photographie, des techniques autour de ce réglage ont déjà trouvé leurs noms : fond filé, light painting, camera toss… Recherchez les et inspirez vous en !

On espère, en tout cas, que cet article vous aura aidé à trouver des moyens de maîtriser votre obturateur sur vos tournages.

Si vous avez d’autres questions, sur l’obturateur, la vidéo ou le son, n’hésitez pas à laisser un commentaire ou à venir nous voir en boutique ! On n’aura pas forcément la réponse, mais on cherchera une solution avec vous !

Nico de Loutacam

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